Le blog de Cléder en avant
Intervention de M Jean Luc Uguen
Maire de Cléder
Séance d’installation du conseil municipal
15/ 03/ 2008
Mesdames, messieurs les conseillers,
Au terme de 25 ans de présence dans cette assemblée, et alors qu’il m’appartient, avant que le doyen d’âge ne procède aux opérations de vote, d’ouvrir cette séance d’installation du conseil municipal, je voudrais, par delà les vicissitudes du moment, revenir sur le chemin parcouru tout au long de ces années.
Lorsque pour la première fois en 1983, la gauche fut présente à Cléder dans le débat municipal, je recueillis à la tête d’une liste « Cléder demain », 31% des voix, c'est-à-dire le même score que celui réalisé par François Mitterrand à l’élection présidentiel de 1981.
Aujourd’hui en 2008, avec un candidat se présentant également pour la première fois à une élection municipale, la gauche retrouve les 44% qu’avait réalisé, lors de l’élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal.
Le socle sur lequel vont pouvoir s’appuyer, pour l’avenir, celles et ceux qui représentent ce courant est donc aujourd’hui bien plus solide, surtout si l’on considère qu’existe une réserve importante d’abstentionnistes. Chacun aura, en effet, observé que contrairement aux élections municipales de 1995 et 2001 où plus de 85% des clédéroises et clédérois avaient votés, dimanche dernier seul 75% se sont déplacés.
Pendant les 13 années où j’ai rempli les fonctions de maire, et sans retracer un bilan complet de notre action collective dans le cadre d’une fiscalité la plus faible du département pour sa strate de population, notre commune aura profondément évolué et se sera pleinement modernisée. De la crèche/halte- garderie au plan de circulation du centre bourg en passant par l’espace nature des Palujous Tanguy Prigent et l’Espace 2000, de la nouvelle poste au nouvel office de tourisme en passant par la nouvelle mairie, sans oublier les nombreux lotissements et logements sociaux et les moyens mis à disposition des écoles et des associations, le changement aura prévalu dans tous les domaines. Cela risque de se remarquer encore davantage d’ici quelques temps…
Pour le reste j’entends déjà entonner, par avance, le thème éculé de « l’héritage ». Cela n’est guère surprenant quand on sait qu’au niveau national, il est même utilisé par ceux là qui semblent oublier qu’ils n’ont pas tous les pouvoirs depuis 2007 mais bien depuis 2002.
D’un président de la république (ancien ministre de l’économie et des finances, entre autre, sur cette période) pour qui « les caisses sont vides », à un premier ministre qui déclare « la France en faillite », cela ne sert en fait qu’à tenter de justifier les promesses non tenues, notamment en matière de pouvoir d’achat.
Eh bien il en sera sans doute de même ici. Car il est probable, si j’en crois les séances précédentes de ce conseil, que seront présentés des ratios fantaisistes qui occulteront savamment la dette de plus de 500 000 € qu’a vis-à-vis de la commune, la CCBK et pour laquelle d’ailleurs le moins que l’on puisse dire c’est que Cléder ne fut pas uni…tant les proximités politiques l’emportaient sur la défense des intérêts clédérois ! La position de la commune de Cléder vient pourtant d’être confirmée par un nouvelle décision de justice de la cour administrative de Nantes du 19 février 2008. Je lis, au-delà du prononcé du jugement, les attendus de celui-ci qui apparaiissent très explicites: « qu’il est constant qu’après avoir opté pour le régime de la taxez professionnelle unique par délibération du 8 octobre 1999, le conseil de communauté de communes de la baie du Kernic a décidé, par délibération du 19 décembre 1999, d’abandonner le prélèvement communautaire opéré sur les trois autres taxes locales tout en instituant une dotation de solidarité communautaire « (avec mécanisme d’indexation) » puis, par délibération du 14 février 2000, a déterminé les bases de répartition de la dotation appliquée aux six communes membres et adopté « le mécanisme d’indexation de la solidarité communautaire » dont il a fixé le taux à 3, 61% pour l’année 2000 », faisant ainsi porté un taux qui prenne en compte l’ensemble des retours dus, via l’attribution de compensation et la dotation de solidarité communautaire.
Il sera donc intéressant de voir si les intérêts de la commune de Cléder continuent à être défendus ou si, par soumission politique, cette créance est passée par « pertes et profits », car si on abandonne la lutte sur ce point, alors existe un risque réel que la hausse de 22% de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères par la CCBK ne soit pas la seule qu’ait à subir, cette fois au niveau communal, la population clédéroise.
Il est d’ailleurs pour le moins paradoxal d’annoncer, dans une campagne électorale, « la réalisation d’un CLSH plus grand » (que les parents et les enfants risquent d’attendre longtemps…) quand on dit, dans le même temps, que « la dette de la commune aurait triplée », argument dont j’ai d’ailleurs eu l’occasion de démontrer, lors du conseil municipal du 18 février dernier, la malhonnêteté intellectuelle qui consiste notamment à ne pas prendre en compte les emprunts du budget voté en mars 1995 (les élections municipales s’étant tenues en juin 1995) et à calculer en monnaie courante.
Et demander « un audit des comptes de la SEM » est simplement ignoré (ou feindre d’ignorer.. ?) que les comptes de cette société sont chaque année, certifiés par un commissaire aux comptes tant du point de vue de leur fidélité que de leur sincérité.
Mais il est vrai que pour certains « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent » et à relire une profession de foi de 2001 par ceux là qui sont en responsabilité aujourd’hui, on ne peut qu’être ébahis par tant d’aplomb. Je lis : « Nous serons des partenaires actifs et constructifs dans la coopération intercommunale mise en place autour de la communauté de communes de la baie du Kernic (CCBK). Dans ce cadre de travail, nous serons attentifs à l’amélioration des services proposés en veillant à limiter les coûts pour la collectivité ». On connaît les résultats de cette belle proclamation … une tournée de ramassage des ordures ménagères en moins, 22% de taxe en plus !!!
Enfin, je pense qu’il conviendra d’être très vigilant en matière d’urbanisme, car il me tarde de voir construire au Val Jégu, l’équivalent de 800 m2 couverts pour la pétanque, sur une zone NA au PLU, c'est-à-dire ne pouvant accepter ce type d’équipement.
De même si j’ai décidé de mettre un terme à mon mandat d’élu, je demeure néanmoins un citoyen qui veillera à ce que « les passe – droits » ne s’érigent en mode de fonctionnement. pour une construction de 3840 m2 sans autorisation administrative. Je serai particulièrement attentif au cours de la justice en cette affaire, comme en quelques autres. Car, si des engagements excessifs ont été pris pour revenir sur des refus de permis de construire fondés sur les documents d’urbanisme existant, ils s’exposeront bien évidemment aux voies de recours prévues à cet effet. Ainsi en dépit de diverses interventions sournoises, la commune a déposé plainte
Voilà, mesdames, messieurs les conseillers, ce que, par delà ce que j’appelais « les vicissitudes du moment » en commençant, je souhaitais rappeler. Me revient alors à l’esprit le texte de cette magnifique banderole à la tête d’une grande manifestation d’un 1er mai : « La lutte est dure mais pas triste »
Coopération acquise !
Soizic.
La lutte est comme la vie en somme, un chemin ardu où osent aller les hommes avec un étendard : la liberté.
Pour Jean-Luc, un poème découvert il y a peu...
LA LIBERTE
Le vent du large la réclame
La flamme de l'hiver veut épouser son ombre
L'eau rêve d'éblouir son corps
La terre la retient le plus souvent possible
Les quatre saisons s'entendent
Pour construire sa maison
Murs de sable de fruits de feuilles et de glace
Et le soleil au plafond
Aux quatre coins du monde
Des hommes l'aiment à mourir
Mais ceux à qui elle pourrait faire honte
L'empêchent de sourire.
(Gilbert Varin. un poète belge d'expression française)
Parce que nous sommes libres après tout de choisir : subir ou combattre, ramper ou se tenir droit, "béni oui-oui" ou oser le non.
A bon entendeur... Je te salue Jean-Luc Uguen...
Toutes les analyses de notre maire sortant s'avéreront vite exactes, n'en déplaise aux malheureux naïfs.
Courage, l'équipe est soudée.
marie.