Le blog de Cléder en avant
André Picard, Maire adjoint à Cléder 1995-2008 chargé du personnel et des travaux s'est éteint le 5 mars 2009.
A l'occasion de ses obsèques civiles, Jean-Luc Uguen, ancien Maire de Cléder est intervenu, vous pourrez lire ci-dessous son allocution.
Mon cher Dédé,
Dois-je te dire, tout d’abord, que lorsque nous avons conçu ensemble cette salle du conseil et des cérémonies pour que toutes celles et tous ceux qui n’ont pour seul culte que celui de la raison, puissent aussi bénéficier d’un lieu d’accueil pour les baptêmes républicains, pour les mariages et obsèques civils, je n’imaginais pas que j’aurais à reprendre la parole, si rapidement ici, pour te rendre un dernier hommage.
En même temps, c’est aussi pour moi l’occasion de te dire et t’en remercier combien ton concours m’a été précieux durant ces deux mandats où nous avons eu la responsabilité de cette commune.
Ce concours remonte d’ailleurs à loin car dès 1989, nous siégions ensemble au conseil municipal de Cléder.
Pourtant notre rencontre n’était pas d’évidence, entre le gendre sévère de « L’abri » et l’étudiant fêtard, entre l’ancien militaire « droit dans ses bottes» et le soixante huitard parfaitement assumé.
Mais des militaires, il en existe aussi de ceux que j’appelais affectueusement « mes portugais » en référence à Othelo de Carvalho et à tous ces militaires engagés dans cette très belle « révolution des œillets » que connut le Portugal le 25 avril 1974. Et de tels militaires, il en existe aussi en France, comme toi ou Iffic Mazé qui considèrent que l’ordre n’est légitime que si règne d’abord la justice.
Et il y a aussi des soixante huitard pour qui « l’autogestion, c’est pas le bordel » en détournant le titre d’un excellent ouvrage.
Sur ces bases, nous avions alors tout pour nous entendre et de fait nous nous sommes superbement entendus, même si je n’ai jamais réussi à t’inculquer totalement les fondements de la « rondeur radicale », pas plus que tu n’as réussi à me faire mettre correctement mon écharpe tricolore..!
Tu as, durant toutes ces années, eu la double responsabilité du personnel et des travaux :
Celle du personnel où ta rigueur ne te faisait jamais perdre de vue le droit de tout fonctionnaire municipal à un développement de carrière.
Celle des travaux où ton implication était là aussi totale, du moment où tu notais scrupuleusement la revendication dans ton cahier, jusqu’au moment où tu apportais une réponse positive ou négative, mais toujours honnêtement argumentée et sans faux fuyants.
Cette implication t’a conduit à surmonter courageusement la souffrance physique quand tu assistais aux réunions de chantier alors même que la maladie te rongeait déjà.
Ton honnêteté te conduisit aussi à me présenter ta démission que je refusais plusieurs fois, jusqu’à ce que tu me proposes le nom d’André Méar pour te suppléer aux travaux.
Ton engagement était entier et à côté de tes responsabilités municipales, tu n’as jamais négligé, dans un strict cloisonnement, celles que tu avais dans le monde associatif, notamment aux officiers mariniers et aux anciens combattants.
Mais au delà de ces relations militantes, et avec bien d’autres, je crois pouvoir dire que ce sont aussi de véritables relations d’amitiés qui se sont installées entre nous.
Je me rappelle ainsi cette balade en mer à bord de ton zodiac où je t’avais, avec précaution, fait remarquer que je n’étais pas sûr que ce « tape- cul » qui te faisait tant rire, était le meilleur remède pour tes maux de dos.
Mais si à la mairie, le militaire acceptait l’autorité rigolarde sans baragouiner, le pied-tendre que j’étais à bord, avait juste le droit de se taire face au marin confirmé.. !
Ce portrait trop rapidement tracé, ne serait évidemment pas complet si je ne m’arrêtais pas quelques instants, sur ce que tu avais de plus cher, ton épouse Marcelle, tes enfants Claire et Yvon, tes petits-enfants, Valérie, Julie, Swann et Florian, tes arrière petits-enfants Nolan, Edwin, Inès dont tu étais si fier.
Il y a un mois, la dernière fois que je t’ai rendu visite, alors même que tu étais miné par l’épuisement, tu me disais encore ton attachement à la vie pour ne pas laisser Marcelle.
Je me souviens aussi de ces noces d’or que j’ai eu le privilège de célébrer et où tu étais si heureux au milieu de tous les tiens.
Car sous tes allures parfois un peu bourrues, tu avais surtout un grand cœur et une sensibilité exacerbée.
Et oui, les enfants, si Pépé était parfois un peu grognon, combien il nous disait vous aimer. Et puis je vais vous le dire, s’il était comme cela, c’est surtout pour ne pas craquer et chialer de bonheur devant vous.
Alors au nom de toutes celles et tous ceux qui nous ont accompagnés durant ces années,
Au nom de toutes celles et tous ceux qui poursuivent aujourd’hui le même combat pour un Cléder vivant et solidaire,
Recevez chère Marcelle, chers Claire et Yvon, chers Valérie, Julie, Swann et Florian, chers Nolann, Edwin et Inès, nos très sincères condoléances.
Et au moment de te quitter physiquement Dédé, mais en sachant que tu resteras toujours présents dans nos mémoires et dans nos cœurs,
Salut et merci à toi camarade, c’est un bien joli nom, camarade
Salut et merci à toi l’ami
Salut et merci à toi cher Dédé.
Jean Luc Uguen
Maire de Cléder
1995-2008